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Dragon Ball a été créé en 1984 par Akira Toriyama. Ce dessin animé humoristique est truffé d’éléments fantastiques et magiques. Ces derniers, ainsi que certains personnages du dessin animé ont été inspirés d’un roman de Wu Cheng’en, Le Voyage en Occident ou Hsi Yu Chi.
Akira Toriyama est le père de Dragon Ball. Mais, il a aussi créé Dr Slump et Histoires courtes (voir la liste complète de ses œuvres en encadré). Il est né au Japon en 1955. En 1974, il entre à l’école supérieure de la préfecture industrielle pour suivre des études de dessin publicitaire. En 1977, il devient mangaka chez Shûeisha qui est le plus gros éditeur actuel du Japon.
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Cette histoire, inspirée d’une légende bouddhiste et de Dragon Boy, obtient un succès fou. De ce fait, Tôei Animation, producteur des meilleurs dessins animés (Saint Seiya, Captain Harlock …), l’adapte pour la télévision. Le succès est tellement grand que la Tôei Animation a mis la pression sur Toriyama pour qu’il crée rapidement une suite, Dragon Ball Z. La série devient de plus en plus commerciale et s’écarte peu à peu de son univers drôle pour donner une place beaucoup plus importante aux combats.
Ensuite, Toriyama ouvre son propre atelier, Bird Studio. En fait, ce nom signifie " l’atelier de Tori ", " tori " en japonais voulant dire " oiseau ", tout comme " bird " en anglais.
En 1995, le manga Dragon Ball se termine. Toriyama sort des recueils consacrés à cette œuvre mais ralentit sa carrière de mangaka.
Pour créer Dragon Boy et Dragon Ball, Toriyama s’est inspiré d’un roman de Wu Cheng’en, Le Voyage en Occident ou Hsi Yu Chi. Ce roman a été écrit en 1950. Il est la source d’inspiration du Roi singe, une des pièces les plus célèbres de l’opéra de Pékin. Le roman raconte un fait historique : le pèlerinage en Inde d’un moine chinois Xuan Zang afin de rapporter les livres sacrés du bouddhisme, les sutras. Du fait historique, est née une légende.
En 629, Xuan Zang part à pied vers l’Ouest. Il traverse d’abord le désert, fait un long voyage vers l’Inde et s’arrête à Nalanda où il étudie quelques temps. En 645, il rentre finalement à Chang’an, plus connue aujourd’hui sous le nom de Xi’an. Pendant son trajet, il rencontre énormément d’obstacles qui sont de plus en plus teintés d’une aura magique. Bientôt, Xuan Zang est flanqué d’un singe nommé Sun Wukong (sun = conscience du vide), doué de pouvoirs surnaturels. Ce dernier est le véritable héros du roman. Ils sont accompagnés aussi par le cochon, Zhu Bajie (le cochon aux 8 vœux) et Shaseng (le bonze des sables).
Dans la légende qui a inspiré le roman, Sun Wukong a une histoire peu commune. Dans des temps très anciens, une montagne accouche d’un œuf de pierre. Un peu plus tard, de cet œuf, naît un singe. Il n’est pas un singe ordinaire. Il est un peu fou et impoli mais surtout, il peut faire beaucoup plus que les autres singes : il peut penser comme un humain. Ce dernier rencontre très vite d’autres congénères. Ils décident de prendre comme roi celui qui réussirait à trouver une puissante chute d’eau. Sun Wukong y parvient. Il est nommé roi des singes ou encore Sun Wukong. Après avoir vécu quelques décades, Sun Wukong commence à avoir peur de la mort. Il désire l’immortalité.
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Afin de combler son souhait, il voyage très loin et il rencontre Subodhi, un Grand Prêtre qui lui enseigne les secrets de la connaissance et de la sagesse. Après beaucoup d’entraînement, Sun Wukong apprend la magie, comment combattre et le secret de la longue vie. Il découvre aussi comment sauter très loin, chevaucher des nuages et faire des copies de lui-même. Comme il a besoin d’une arme, il décide de rencontrer le Roi des Dragons, dans le grand océan de l’Ouest. Il lui vole un bâton magique qui peut s’agrandir comme on veut, même jusqu’à toucher les nuages ou alors se rapetisser afin de se cacher derrière une oreille.
A cette fin, il va voir le Roi des Morts et efface tous les noms des singes du registre des morts. Le Roi des Morts et le Roi des Dragons se plaignent de son comportement à l’empereur Jade, maître du ciel. Pour qu’il reste tranquille, Sun Wukong est envoyé au Paradis et nommé palefrenier des écuries célestes et ensuite, gardien des pêches d’immortalité. Mais il mange des pêches sacrées. Il entame alors une guerre contre les Cieux. Celle-ci est vaine. Normalement, il doit être exécuté.
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On retrouve de nombreux éléments du Voyage en Occident, dans le chef d’œuvre de Toriyama. Le personnage Son Gokû est directement basé sur Sun Wukong. D’ailleurs, le nom Son Gokû est la prononciation japonaise des idéogrammes de Sun Wukong. Il présente des similitudes évidentes avec ce dernier. Il a une queue de singe et peut se transformer en gorille géant, il part à la recherche des Dragon Balls, ce qui est une quête comme le voyage du moine chinois. Son arme aussi est semblable, un bâton magique, Nyoibô, qui s’allonge à volonté. Il se déplace sur un nuage magique, Kinto’un, tout comme Sun Wukong qui a le pouvoir de chevaucher des nuées. Il rencontre Oolong, personnage à tête de porc, ce qui est aussi une allusion au récit de Wu Cheng’en.
Bulma, quant à elle, est inspirée de Tripitaka. Ceci peut paraître étrange étant donné que Bulma est une adolescente geignarde et Tripitaka, un prêtre masculin. Cependant, ce dernier, bien qu’étant un homme, est très féminin et naïf à cause de sa vie protégée.
Oolong est Zhu Bajie, l’esprit qui a pris une forme de cochon. Dans la légende, il est sur terre parce qu’il est banni. Il est puni parce qu’il a trop bu à une fête et s’est mal conduit avec la déesse de la Lune. Dans le roman, il ressemble au Oolong de Dragon Ball.
Pour ceux qui désirent lire les aventures de Sun Wukong, voici les références trouvées sur Amazon : - Wu Cheng'en, La Pérégrination vers l'Ouest, Coffret de 2 volumes |
Gokû peut attaquer en se déplaçant très rapidement. Il crée ainsi des fausses copies de lui. Sun Wukong peut, lui, faire 72 transformations pour éviter la mort.
Dans Dragon Ball, Gokû passe par un village terrorisé par Ginkaku et Kinkaku. Ce sont 2 personnages provenant du Voyage en Occident. Ils vous enferment dans une gourde et vous transforment ainsi en saké.
Quand Gokû est en enfer, dans Dragon Ball Z, il mange le fruit d’Enma Daiô. Cela ne le rend pas immortel mais cela lui donne de l’énergie pour longtemps. Ces fruits sont comparables aux pêches d’immortalité que mange Sun Wukong dans les cieux. On trouve aussi une allusion aux fruits d’immortalité dans le premier film de Dragon Ball Z quand Gohan mange une pomme qui est alcoolisée car manger un fruit d’immortalité rend légèrement pompette, tout comme Gohan.
Le Bashôsen, éventail magique utilisé pour éteindre le feu du mont Fripan est, lui aussi, repris du Voyage en Occident. Afin de franchir la montagne de feu, Sun Wukong va tenter d’emprunter l’éventail magique appartenant à la princesse Raksas. Cependant, elle le fait fuir d’un coup d’éventail. Il réussit quand même à l’obliger à lui prêter l’éventail. Elle lui en prête un faux. Il se transforme alors en mari de la princesse, Démon-buffle pour lui emprunter l’éventail. Démon-buffle, quant à lui, se déguise en Bajie, disciple de Sun Wukong, et ramène l’éventail. Finalement, grâce à l’assistance des dieux, Sun Wukong vainc le Démon-Buffle et la princesse. Il éteint le feu de la montagne. Le maître et le disciple peuvent enfin franchir la montagne.
Dans Dragon Ball Z, quand il est sur le chemin du serpent, Gokû est trompé par la princesse serpent. Si elle ne peut pas avoir son amour, elle le mangera. Ce genre de chose arrive tout le temps à Tripitaka pendant son voyage.
Dans le dessin animé Dragon Ball, quand il s’entraîne chez Dieu, Gokû doit parfois porter une couronne qui l’électrocute par moments. Plus ou moins la même chose arrive à Sun Wukong. Il a une couronne d’or placée sur la tête. Si Tripitaka prononce une certaine phrase, Sun Wukong reçoit un choc terrible.
Dans le Voyage en Occident, il y a aussi une " kame house ". C’est une grande maison de tortue blanche qui fut volée par des esprits.
Le fourneau des 8 divinations est un fourneau au bord du monde spirituel. Dans Dragon Ball, Gokû doit descendre au fond de cette cuve de feu chauffée à blanc pour réparer une fuite. Sun Wukong, quant à lui, est emprisonné dans ce fourneau pour une longue période et ceci faisait que ses yeux luisaient comme de l’or.
Après toutes ces similitudes entre Le Voyage en Occident et Dragon Ball, il est important de noter que les attaques énergétiques (le " Kame Hame Ha ", le " Genki Dama " etc.) ne sont pas présentes dans le Voyage en Occident.
![]() Gensômaden Saiyûki |
On retrouve des éléments du Voyage en Occident dans toute une série d’œuvres.
Monkey Magic. C’est une série animée qui était semi-populaire aux Etats-Unis il y a quelques années. C’est aussi un jeu pour Playstation. La seule relation maintenue intacte est l’apparence du singe.
Love Hina. Dans un épisode, Keitaro Urashima et Naru Narusegawa font une scène du Voyage en Occident dans un théâtre de plage. Cela représente la bataille entre Ginkaku et Kinkaku.
Lost Empire. C’est un film pour la télévision produit par la NBC, paru en mars 2001. Cela connecte le Voyage en Occident aux temps modernes. Ce film argumente sur l’importance de l’histoire et l’influence que ça a eu sur les gens à travers le temps. Cependant, c’est vraiment une américanisation. Les vrais noms des personnages sont rarement utilisés.
Capcom vs Street Fighter 2. On retrouve Sun Wukong dans Sanson, notamment dans ses attaques. Elle donne des pêches qui réapprovisionnent votre vie quand elle est un personnage de support. De plus, elle peut se transformer en singe géant qui lance de l’énergie de sa bouche. Cela semble provenir plus de Dragon Ball que du Voyage en Occident.
Gensômaden Saiyûki. C’est un relativement nouveau dessin animé et aussi un manga au Japon. Saiyûki est le nom japonais pour " chronique du voyage vers l’Ouest ".
![]() Saiyûki de Tezuka |
Le Roi des singes. C'est une bande dessinée de Pierre Braillon et de Tarek, parue chez Soleil Productions.
Saiyûki. C'est le premier long métrage du japonais Osamu Tezuka, sorti sur les écrans en 1960.
Dans les influences que Le Voyage en Occident a exercé sur le monde, il faut aussi rappeler que c'est de celui-ci qu'a été tirée une des pièces les plus célèbres de l'opéra de Pékin : Le Roi Singe. Ajoutons aussi que l'histoire racontée dans Le Voyage en Occident est aussi célèbre en Chine que ne l'est l'histoire du Petit Chaperon Rouge en Occident.
![]() | Tiny. 27 Sep 2004 |